travaux subaquatiques et spéciaux travaux subaquatiques et spéciaux

S.A.R.L ROMOEUF SUBSEA

VISITES SUBAQUATIQUES



Visites de barrages et de retenues d'eau : mode opératoire

Inspection du barrage de CHATELLERAULT
Visite du barrage de CHATELLERAULT

Barrage de CHATELLERAULT.

Inspection du barrage de NEPES
Visite du barrage de NEPES

Barrage de NEPES.

Les risques principaux rencontrés lors de ce type de visite sont les aspirations (dites «renards »), phénomènes résultant de la pression exercée entre deux biefs de niveaux différents. Ces aspirations sont fréquemment rencontrées sur les systèmes d'évacuation ou de régulation d'eau (vannages, empellements, etc...) qui sont un piège bien connu des scaphandriers.

Par ailleurs, ces mêmes aspirations se rencontrent aussi sur les ouvrages anciens, le long d'un parement dégradé ou d'une chaussée par exemple, l'eau s'infiltrant au travers du corps du parement non étanche, parfois sous 1.50m d'eau. D'autre part, ce phénomène d'aspiration se retrouve aussi sur les barrages dits à aiguilles (profils en bois ou en aluminium) qui sont bloqués, hors d'eau, sur une traverse reliant deux bajoyers et, sous eau, en pied, par une butée. Il se peut que ces aiguilles ne soient pas parfaitement jointes et laissent passer l'eau en pied ou dans son milieu, d'où aspiration.
Enfin, la mise en place de l'élément de batardage servant à isoler deux bassins entre eux (écluses, barrages) peut aussi entraîner un phénomène de dépression qui crée une aspiration, si les éléments fuient entre eux, ou si le fond du radier (sur lequel reposent ces éléments) est en mauvais état.

Dans leur généralité, on rencontre plusieurs type d'ouvrages :

-Ceux dont le génie civil est en béton armé, tels que la majorité des barrages EDF et gros barrages privés CNR. Dans ce type d'ouvrages, plutôt récents (ayant moins de 60 ans), les plans sont souvent à disposition et l'historique de l'ouvrage est, en général, connu. Il est donc relativement simple de connaître tout le contexte du lieu de visite en subaquatique.

- Pour les ouvrages plus anciens tels que barrages reconditionnés, les chaussées déversantes, retenues, le système de construction s'apparente souvent à celui des ouvrages d'art. C'est à dire une construction maçonnée fondée sur un massif béton ou sur pieux bois (moises, traverses et longrines). Sur ce type d'ouvrage, les plans d'origine font souvent défaut et l'on doit se baser parfois sur d'autres ouvrages leur ressemblant ou étudier les ouvrages d'art environnants, la nature géologique de la région, la date de construction, afin de se faire une idée sur le type de construction auquel on peut s'attendre.

Organisation générale des visites de barrages et de retenues d'eau

L’une des priorités du Chef d’Equipe est de déterminer les points particuliers liés à un danger d’aspiration potentiel sur le site visité.
Ainsi sur place, ou même avant, par téléphone

  • Se renseigner sur la situation géographique de la zone à visiter.
  • Trouver le maximum d’informations sur cette zone et sur l’ouvrage dans sa globalité.
  • Fixer le sens de la visite, son ordre, son organisation. Par exemple : début de la visite par le côté Sud puis Ouest, etc.
  • Avant toute plongée, recenser tous ces fameux points, en contrôlant en particulier les vannages, batardeaux, portes d'écluse, tout ce qui peut-être à l'origine de l'aspiration.
  • Toujours commencer par la visite en aval de l'ouvrage. En effet, si une fuite existe, elle passe forcément par l'aval. Par exemple, lors d'une visite pour vérifier l'étanchéité d'un batardeau d'une écluse : si le niveau ne baisse pas à l'intérieur du batardeau malgré un pompage, on passe en aval afin de déterminer l'origine des fuites.

Afin d'évaluer leur force de rejet pour éventuellement les colmater, le chef d'Equipe doit déterminer si les aspirations sont en surface ou au fond : On bloque les fuites depuis la surface en déposant des chiffons à l'aide d'une gaffe pour finir ensuite sous eau, en dépliant un film PVC enroulé sur un tube lesté (celui-ci se colle à l'élément de batardage), etc...

Si ce reflux se trouve le long d'un pertuis ou d'une vanne bloquant l'amont de l'aval et si la fuite s'avère importante, la visite du parement amont s'arrêtera peut-être à une distance jugée raisonnable de cette vanne.

La visite en aval des retenues se révèle toujours très efficace en terme de sécurité (pour localiser ces aspirations) mais aussi en terme de rendu d'investigations. En effet, les fuites engendrent une vidange des matériaux constitutifs d'un ouvrage provoquant à terme sa ruine. Le scaphandrier peut donc ainsi alerter l'équipe en surface de la tenue relative de l'ouvrage, pour leur sécurité, s'ils doivent marcher sur la chaussée (certaines sont accessibles à pied au niveau de la surverse.)

L'organisation de la visite s'oriente de façon habituelle, soit depuis une embarcation qui suit le scaphandrier dans ses déplacements, soit depuis l'ouvrage lui-même, ou sur le bajoyer s'il s'agit d'une écluse, etc...

Les plongées se font avec narguilé téléphonique, le scaphandrier pouvant à tout moment communiquer avec la surface. L'équipe est composée de trois personnes, dont un scaphandrier secours équipé, prêt à plonger, si le lieu et l'environnement des visites le nécessite. L'approche technique des visites rejoint en partie les «recommandations pour l'exécution des visites par plongeur autonome » du Ministère des Transports (Fascicule n°10 30/31). Ces dispositions sont souvent reprises pour les visites d'ouvrages d'art maçonnés. Pour les ouvrages modernes, tels que des barrages EDF ou privés, l'orientation de la visite, ses buts, ses prescriptions particulières sont données par le client lui-même, parfois par demande écrite (consultation, appel d'offres) ou parfois sur site directement, le Gestionnaire étant confronté à un problème précis ou d'ordre général.

Conclusion

Comme on peut le constater, ce type d'investigation est à facettes multiples en ce qui concerne l'environnement, le lieu et le genre de visite à effectuer. Il est donc du ressort du chef d'Equipe de :

  • Contrôler son matériel (inventaire, état, mis à jour de l'entretien).
  • Suivre les préconisations dans l'organisation des visites.
  • Organiser tout ce qui lui semble nécessaire en matière de sécurité et pour la bonne réalisation des travaux.